Les États-Unis redeviennent exportateurs nets de gaz

Selon l’Energy Information Administration, les États-Unis seraient devenus exportateurs nets de gaz en 2017, pour la première fois depuis 1957, grâce à une stabilisation de leur très forte production nationale, due notamment au gaz de schiste, à une baisse des importations canadiennes, ainsi qu’à une hausse des exportations de gaz liquéfié et des exportations via gazoduc à destination du Mexique.

Une production nationale qui se maintient à un niveau élevé

Les États-Unis ont conservé leur rang de premier producteur mondial de gaz naturel devant la Russie, place qu’ils occupent depuis 2009. La production du pays s’est élevée à 761,69 milliards de mètres cubes en 2017, soit 0,75% de plus que l’année précédente, mais 0,756% de moins qu’en 2015, année de production record.

Cette première place mondiale s’explique d’abord par une augmentation de l’extraction de gaz de schiste, de 36,61 milliards de mètres cubes en 2007 à 482,29 milliards de mètres cubes en 2016. Bien que la production de gaz conventionnel ait chuté sur cette même période, celle de gaz non conventionnel suffit à offrir à l’Oncle Sam une production totale de gaz croissante depuis une décennie (avec un plateau depuis 3 ans).

La moitié de cette production est aujourd’hui assurée par l’exploitation croissante des formations de Marcellus et d’Utica dans le bassin des Appalaches au nord-est des États-Unis.

Une hausse impressionnante des exportations de gaz naturel liquéfié

Du fait de cette forte production, les États-Unis ont été en mesure d’exporter davantage. Un bond impressionnant des exportations de GNL dernières années. Si ces dernières représentent moins d’un quart du total des flux sortants de gaz (22,34%), elles ont décuplé, passant de 1,98 à 20,03 milliards de mètres cubes, entre 2011 et 2017.

Les volumes transitant via gazoducs ont également joué en faveur d’une balance gazière excédentaire. Alors que le solde négatif des échanges avec le Canada semble se stabiliser aux alentours des 58 milliards de mètres cubes (57,84 l’an dernier), du fait l’accroissement de la production dans le nord-est et par voie de conséquence de la capacité de transport. Cette capacité ayant aussi augmenté entre les États-Unis et le Mexique, les exportations vers ce pays ont plus que doublé en seulement 4 ans, passant de 20,63 milliards de mètres cubes en 2014 à 43,69 milliards de mètres cubes en 2017, 5 fois plus qu’en 2007 (8,26 mds de m3).

La tendance devrait s’accentuer

Le premier producteur de gaz au monde, sans doute bientôt le premier producteur de pétrole, affiche donc pour l’année 2017 une balance commerciale gazière excédentaire pour la première fois en 60 années d’échanges. Mais il semblerait que cela ne fasse que commencer.

Rien, si ce n’est les cours du gaz, ne semble susceptible d’infléchir les courbes de production des gisements des Appalaches. Quant aux exportations de GNL, celles-ci devraient encore augmenter avec l’ouverture de nouvelles unités de liquéfaction. Selon l’EIA, les capacités d’exportation devraient tripler d’ici 2019, passant de 102 à 272 millions de mètres cubes par jour.

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